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Une action inédite s’est déroulée ce vendredi 20 avril à Nice dans le secteur de l’Ariane. Dans le cadre d’une action de lutte contre les discriminations menée par Médiation-cité, des femmes et hommes issus de l’immigration ont pris la parole afin d’exprimer leur amour pour la France. Vous avez raté cet événement ? Voici un résumé.

« Notre guerre, c’est chercher du travail. On a confiance quand les gens sont gentils. Notre guerre c’est la langue française. C’est une clé pour ouvrir plusieurs portes. » C’est avec des mots simples que Touria, originaire d’Afrique, a essayé de résumer sa situation et son ressenti.

Ils étaient 13, 12 femmes et un homme. Un à un ont rejoint la scène afin de lire leur poème avec un léger accent. Un texte qui résume, selon eux, l’identité républicaine. La pression est palpable entre rires et petit stress. Leurs regards en disent long : ils sont fiers. Ce moment marque l’aboutissement de plusieurs années de travail.

La coordinatrice de l’événement, Hamass El Batlaoui, tient à souligner l’exclusivité de l’action : « C’est la première fois que des femmes analphabètes issues de l’immigration s’expriment par l’écriture. C’était impensable pour elles car elles étaient en cours d’alphabétisation. On a énormément travaillé sur la prise de confiance. L’objectif est de les sortir de la solitude et qu’elles puissent intégrer le marché du travail. Au total, plus de 20 personnes ont été formées. »

Une question de volonté… 

Tout commence en mars 2016, dans le quartier de l’Ariane à Nice. Lors de la semaine nationale de l’éducation et la lutte contre les discriminations, l’association Médiation-Cité, organise une rencontre entre une douzaine de femmes résidentes dans le secteur et le sous-préfet afin d’échanger sur la question. À la fin de cette confrontation, les protagonistes ont compris qu’elles devaient apprendre à manier la langue afin de pouvoir se faire entendre. C’est alors qu’elles décident avec l’aide de l’écrivain Michel Seonnet et de l’organisation présidée par M. El Bakhlaoui, de mettre en place un atelier pour apprendre à maîtriser la langue de Molière.

« Le fait de ne pouvoir s’exprimer clairement est un frein évident à l’émancipation personnelle de l’individu. Ces sessions leur ont permis de se reprendre en main, de s’intégrer et de participer à la vie active de la société » a expliqué Hamass. Et, c’est autour de la question de l’identité, qu’elles ont appris à poser des mots sur leurs maux.

Razak Fetnan, président d’Alpes-Maritimes-Diversité partenaire de l’action, a détaillé le choix du thème : « L’intérêt de cet événement c’est, aussi, de dire que ces femmes sont aussi françaises que le Président et aussi françaises que Marine Le Pen, car être français c’est adhérer à un certain nombre de valeurs et de principes. On peut, tout à fait, être français et manger du couscous. L’un n’empêche certainement pas l’autre. »

Ce vendredi, ce n’est pas seulement le résultat d’un travail de longue haleine qu’elles présentent mais un message qu’elles transmettent avec émotions devant quelques représentants politiques et associatifs, ce message est celui de la volonté de réussir. Elles veulent s’intégrer, contribuer à la société et surtout, elles cherchent l’équité.

Christian Masson, président du MRAP estime que cette initiative est à encourager car elle valorise les habitants de ces quartiers populaires bien trop souvent pointés du doigt. Du même avis, Fatima Khaldi-Bououghroum, adjointe au maire, en charge de la proximité, salue cette action.

 

 

Avec Chadia Mathlouthi

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