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La SNCF a été condamnée, mercredi, en appel pour discrimination envers des cheminots marocains, a annoncé leur avocate. Ils étaient 848 chibanis à poursuivre la compagnie ferroviaire pour les avoir spoliés par rapport aux cheminots français.

« C’est une grande victoire, nous sommes satisfaits ! » se réjouissaient les nombreux chibanis présents ce matin devant la Cour d’appel de Paris. Ces 848 chibanis (« cheveux blancs » en arabe, désigne les travailleurs que la France a fait venir du Maghreb, aujourd’hui retraités) estimaient avoir été discriminés durant leur carrière au sein de la SNCF par rapport à leurs collègues français.

« C’est gagné » s’est exclamée Maitre Clélie de Lesquen-Jonas, avocate des requérants, à la sortie du tribunal. « Il y a eu aujourd’hui la confirmation des condamnations (pour discrimination) obtenues en première instance en matière de carrière et de retraite et nous avons obtenu en plus des dommages et intérêts pour préjudice moral » et pour « préjudice de formation », a-t-elle déclaré devant la presse. Après de longues années passées devant les prud’hommes – treize ans pour certains – la plupart avaient obtenu gain de cause en 2015, en première instance. La SNCF avait alors fait appel de cette décision, la condamnant à plus de 170 millions d’euros de dommages et intérêts. Il est pour l’heure, impossible de connaitre ce nouveau montant.

Ces travailleurs, maghrébins pour la plupart (la moitié a été naturalisée), ont été embauchés entre 1970 et 1983 par la SNCF, majoritairement comme contractuels, et n’ont pas bénéficié du « statut » plus avantageux des cheminots, réservé aux ressortissants européens, sous condition d’âge. Le groupe public ferroviaire a toujours nié une « quelconque politique discriminatoire à l’encontre des travailleurs marocains » estimant avoir constamment « veillé à l’égalité de traitement de tous ses agents dans l’environnement réglementaire décidé par les pouvoirs publics ».

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