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radio-canada.ca

La télévision française favorise la discrimination. C’est ce que constate l’Association des journalistes LGBT (AJL). D’après une étude parue en décembre 2017, plusieurs dizaines de propos discriminatoires ont été recensées en un mois de télé française. Explications.

« Talk-shows français : le buzz sur le dos des minorités » voici le titre du dossier publié par l’organisation des journalistes LGBT mi-décembre.

30 jours, 5 émissions, et 100 heures de programmes ont été épluchés par des membres de l’association du premier au 30 novembre.

L’organisme qui oeuvre pour un meilleur traitement médiatique LGBT au sein des médias français, a scruté le « Quotidien », « L’heure des pros », « On n’est pas couché », « C Politique » et les deux émissions de Thierry Ardisson sur C8 « Salut les terriens » et « Les terriens du dimanche ».

L’AJL a ainsi pu constater « une cinquantaine de séquences problématiques, dont 17 clairement LGBTphobes et un nombre tout aussi élevé de séquences sexistes et racistes. »

La palme reviendrait aux deux programmes d’Ardisson présentés sur le groupe de Canal+. Parmi les séquences relevées, on peut apercevoir Laurent Baffie prononçant une insulte à connotation homophobe. Dans une autre, le même se marre après avoir raconté une blague mettant en scène un homosexuel. À ces remarques déplacées, s’ajoutent des propos islamophobes et sexistes.

Le deuxième du classement est « On n’est pas couché ». L’AJL a constaté des remarques sexistes et homophobes. Sur la troisième place du podium vient « Quotidien » du groupe TMC. Un peu étonnant car « malgré une image jeune et populaire, ce programme jouerait parfois avec les clichés sexistes et LGBTphobes. »

L’association a fait part de son inquiétude concernant « L’heure des pros » présenté par le journaliste Pascal Praud. « Outre la faible représentation des femmes sur son plateau, il choisit volontairement des « grandes gueules » pour susciter un débat tranché et sortir du soi-disant « politiquement correct ». Résultat : minimisation fréquente des violences sexuelles par des hommes, remarques sexistes, obsession de l’islam, désinformation… » peut on lire sur l’étude.

Seul « C Politique » semble se démarquer. L’organisation a remarqué  » une sélection soignée des invité-e-s et un climat bienveillant à l’égard de l’ensemble des composantes de la société. »

La conclusion est accablante et très inquiétante. « La télévision légitime, par ses représentations, la pérennité d’un système discriminatoire et oppressif. »

In fine, l’AJL dénonce

« une volonté délibérée de sortir du «politiquement correct» et de faire le buzz. Dans ce cas, les victimes sont le plus souvent les femmes, les personnes LGBT et les musulman.e.s. Dans d’autres cas, les propos discriminatoires émanent de blagues graveleuses ou potaches qui véhiculent des clichés éculés. À de rares exceptions près, ces propos ne sont pas dénoncés par l’animateur, qui devrait pourtant recadrer le débat et condamner les discours de haine. »

 

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